Langues régionales inscrites dans la constitution : 

Appel à vigilance

mercredi 16 juillet 2008,

LDH Rennes. Langues régionales : appel à vigilance

Au cours des mois de mai et de juin, les langues régionales ont été l’objet de violents débats, suite au vote de l’Assemblée d’inscrire ces langues dans la Constitution, puis au refus du Sénat de valider cette modification. Or, il semble que la base de ces débats ait été, d’entrée de jeu, faussée : d’une part, inscrire les langues régionales dans la Constitution n’était qu’un premier pas en vue de contraindre la France à signer la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, comme l’ont dit les députés bretons qui se sont portés en tête de ce combat ; d’autre part, cette Charte, présentée comme parfaitement anodine et modulable à la carte, est, en réalité, un texte hermétiquement verrouillé qui impose aux États signataires l’obligation de reconnaître des groupes ethniques et de leur permettre d’employer la langue de leur ethnie dans la sphère publique ; enfin, la Charte est un élément d’un dispositif beaucoup plus vaste et les langues régionales semblent bien n’être qu’un cheval de Troie, utilisé en vue d’un projet politique inquiétant.

En 1999, la section de Rennes de la Ligue des Droits de l’Homme avait engagé une réflexion qui avait abouti à une communication à Saint-Brieuc, par la suite développée par l’un de nos membres, en 2006, lors d’un colloque au Sénat (1). Ces réflexions ont été tout récemment reprises par un article de Daniel Lefeuvre qui nous semble clair (2) : la Charte précise de manière la plus nette, que les langues régionales ou minoritaires en question définissent des « groupes » au sein de la nation, distincts « d’autres groupes du même État pratiquant des langues différentes. » [article 7, alinéa 1, paragraphe « e »]. Ainsi, la France serait-elle, désormais, composée non plus de citoyens libres et égaux en droit, mais d’une mosaïque de « groupes » ethniques disposant de leur langue et d’une assise territoriale, entretenant des relations entre eux et avec d’autres groupes, par delà les frontières nationales.

Bref, derrière la défense des langues régionales ou minoritaires se cache une conception de la citoyenneté contraire à celle adoptée par la France depuis 1791. Tout cela ayant comme but ultime la destruction de l’État-nation pour rétablir une France d’Ancien Régime, « agrégat inconstitué de peuples désunis », selon la belle formule de Mirabeau, afin d’imposer une Europe des Volksgruppen (3) . »

Cette brusque actualité de la question des langues régionales dans les débats nous interroge : les langues régionales, dont personne, bien entendu, ne souhaite la disparition, bénéficient d’un enseignement autorisé par tout un arsenal législatif ; cet enseignement est largement favorisé. C’est ce que nous rappelle Robert Badinter qui a aussi le mérite de poser le problème des modifications inconsidérées de la Constitution : Une constitution est un instrument qui sert à gouverner un pays, en définissant les pouvoirs, leurs rapports, et, dans son préambule, figurent les valeurs fondamentales sur lesquelles reposent cet équilibre constitutionnel. Il ne s’agit donc pas d’un catalogue des richesses nationales ou des différents aspects de la communauté nationale. [...] S’agissant des langues régionales, nous constatons qu’elles trouvent parfaitement leur place dans les universités, dans l’enseignement [...] et que dans le domaine des associations, à plus forte raison dans le domaine privé, elles ont plein et entier exercice.

N’est-il pas à craindre que se développent ainsi des revendications en trompe-l’œil destinées à détourner l’attention des graves problèmes de l’heure ? En Bretagne, le discours régionaliste, opposant les ringards aux modernistes (les langues régionales étant devenues l’emblème de la modernité) et les jacobins partisans d’une identité française dépassée aux girondins partisans d’une identité bretonne à redécouvrir, reste particulièrement virulent. Il appelle, à lui seul, à un devoir de vigilance.

Notes :

1.http://www.communautarisme.net/Les-ethno-regionalismes-et-la-Charte-des-langues-

regionales-et-minoritaires_a873.html

2.http://www.communautarisme.net/Langues-regionales-et-identite-nationale_

a1022.html?preaction=nl&id=636996&idnl=36483&

3.Le projet ne serait-il justement pas de faire éclater l’État-nation, régionaliser la culture et l’enseignement, œuvrer, domaine après domaine, à une privatisation généralisée, pour en finir avec des lois sociales jugées trop contraignantes et faire de l’identitaire le moteur de la mondialisation , ainsi que l’a dit le député UMP Marc Le Fur, lors du débat du 7 mai sur les langues régionales, ce sont souvent les régions les plus identitaires qui sont le plus à l’aise dans la mondialisation ?

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2007-2008/20080153.asp#INTER_26

LDH-section de Rennes
BP 40914
35009 Rennes
Tél : 06.37.30.23.52


La LDH  s'oppose à la reconnaissance des langues minoritaires (en France, mais aussi partout, compte tenu de l'universalité des droits)

Le langage est volontiers apocalyptique ("contraindre", "impose", "inquiétant"...)









La LDH ne veut voir que le citoyen seul face à l'Etat (comme l'ouvrier seul face à son patron)

1791 : Loi Le Chapelier interdisant les corpora- tions, syndicats ouvriers, les coopératives, le droit de grève, etc...

"destruction" : encore le langage apocalyptique...




















La LDH joue les insoumis  et diffuse néanmoins ses communiqués sur un site de la soumission citoyen- ne.



Au delà du langage apocalyptique ("faire éclater l'Etat-Nation"), il faudrait que la LDH nous dise en quoi la régionalisation de la culture et de l'enseignement est contraire aux droits de l'homme.


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